Chapitre 2 :
Le murmure de la foule s’éteignit instantanément. Dans la main tendue du garçon au sweat vert, un petit objet captait la lumière crue du lustre : un médaillon en argent noirci par les flammes, dont la chaîne brisée pendait comme une sentence.
Le visage de la petite fille, autrefois de marbre, se décomposa. Ses lèvres tremblèrent, non pas de joie, mais d’une terreur pure et primitive. Elle recula d’un pas, serrant la main de son père si fort que ses phalanges devinrent blanches.
L’Ombre d’un Doute
Le père, pétrifié, fixa l’objet. Ses yeux s’écarquillèrent. « Où… où as-tu trouvé ça ? » bégaya-t-il, sa voix n’étant plus qu’un souffle. « Ce médaillon… il était avec sa mère. Dans la chambre. Il a dû fondre dans le brasier. »
Le garçon ne répondit pas tout de suite. Il fit un pas de plus, ignorant les gardes de sécurité qui s’approchaient. Son regard n’était pas celui d’un enfant, mais celui d’un témoin d’outre-tombe. « Le feu ne détruit pas tout, Monsieur Valmont, » dit-il d’une voix monocorde. « Il révèle parfois ce qu’on a voulu enterrer. »

Un Secret qui Hurle
Il s’accroupit pour être à la hauteur de la petite fille. Les invités retenaient leur souffle, certains sentant que l’atmosphère de la pièce venait de basculer d’une scène de charité à une scène de crime. Le garçon murmura quelque chose que seul l’enfant put entendre.
Soudain, un cri déchirant, rauque, s’éleva dans la salle de bal. Ce n’était pas un mot. C’était un hurlement de douleur qui semblait venir du plus profond de son âme. La petite fille pointa un doigt tremblant, non pas vers le garçon, mais vers le portrait géant de sa défunte mère qui trônait au fond de la salle.

